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POINT HEBDO-Les yeux rivés sur le marché du travail
information fournie par Reuters 27/02/2026 à 12:55

Alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) s'apprête à recevoir, avant sa réunion du mois de mars, un nouvel aperçu de la vigueur du marché du travail aux États-Unis, les membres de l'Opep+ vont se réunir pour discuter des quotas de production, tandis que Pékin fixera ses objectifs économiques pour l'année prochaine.

Le tout s'inscrit dans un contexte géopolitique tendu, Washington renforçant sa présence militaire au Moyen-Orient sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien.

Et n'oubliez pas les droits de douane.

Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir :

1/ MARCHÉ DU TRAVAIL

Le rapport sur l'emploi américain permettra vendredi de déterminer si les données du mois dernier, étonnamment solides, résultaient d'un phénomène isolé ou si elles étaient bien le reflet d'un marché du travail plus robuste.

Selon un sondage Reuters, le rapport pour février devrait faire état d'une augmentation de 60.000 emplois. En janvier, le secteur non agricole a gagné 130.000 emplois, tandis que le taux de chômage est tombé à 4,3%.

La publication du rapport sur l'emploi, l'une des dernières données clés attendues avant la prochaine réunion de la Fed fin mars, intervient alors que l'attention se concentre sur l'impact potentiel de l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le marché du travail et l'économie en général.

Au cours de la semaine à venir, les rapports sur l'activité manufacturière et les services donneront également un aperçu de la santé de l'économie américaine, tout comme les données sur les ventes au détail pour janvier.

2/ LA RÉALITÉ BRUTE

Les tensions entre les États-Unis et l'Iran sont vives. Les opérateurs ont passé les derniers week-ends à se demander s'ils allaient se réveiller avec la nouvelle d'une frappe américaine contre des cibles iraniennes et quelle serait la réponse de Téhéran.

Ce week-end, l'Opep+, qui regroupe les principaux exportateurs, dont la Russie, revoit ses plans de production de pétrole brut.

Les prix du pétrole ont pris 17% en 2026, atteignant leur plus haut niveau depuis juillet dernier. Cela pourrait sembler une excellente nouvelle pour les producteurs, mais la hausse des coûts énergétiques freine généralement la demande.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit un excédent de près de 4 millions de barils par jour en 2026, car la hausse des prix du brut freine la consommation. L'Opep+ pourrait être limitée dans sa capacité à gérer l'offre, alors que l'AIE prévoit que la majeure partie du pétrole brut supplémentaire proviendra du "quintette américain" - les États-Unis, le Canada, le Brésil, l'Argentine et la Guyane, qui ne font pas partie du groupe.

3/ PÉKIN PRÉVOIT LA CROISSANCE, TOKYO TESTE LA DEMANDE EN OBLIGATIONS

Les deux plus grandes économies d'Asie vont envoyer des signaux clés aux marchés. La Chine décide de ses objectifs économiques et le Japon teste la demande dans son secteur obligataire volatil.

Pékin convoque son Assemblée populaire nationale, très suivie, au cours de laquelle les responsables devraient fixer des objectifs en matière de croissance, d'inflation et de dépenses.

Lors de la conférence de planification de décembre, les décideurs politiques se sont engagés à maintenir une politique budgétaire "proactive" afin de stimuler la consommation et l'investissement.

Tokyo vendra des obligations d'État à 10 et 30 ans. Les rendements de ces échéances ont atteint des niveaux historiques en janvier, secouant les marchés obligataires mondiaux, en raison des inquiétudes suscitées par les mesures de relance effrénées de la Première ministre Sanae Takaichi. Le calme est en partie revenu, mais il a été ébranlé mercredi lorsque le gouvernement de Sanae Takaichi a nommé deux universitaires modérés au conseil d'administration de la Banque du Japon.

4/ TENSIONS ACCRUES

La flambée des prix du pétrole brut indique que la géopolitique est à nouveau au centre des préoccupations des investisseurs. Le signe le plus visible de l'inquiétude mondiale accrue est le prix de l'or, qui a recommencé à grimper légèrement dans un contexte de craintes d'un échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran visant à éviter un conflit.

Alors que les investisseurs citent de plus en plus souvent les tensions géopolitiques parmi leurs principales préoccupations, l'éventail des actifs susceptibles d'être affectés par ces tensions s'élargit. Le dollar et les titres du Trésor américain, par exemple, restent sur la sellette, le président américain Donald Trump ayant promis, notamment dans son discours sur l'état de l'Union cette semaine, de remplacer les droits de douane annulés par la Cour suprême par d'autres taxes.

Les relations de longue date entre les classes d'actifs sont remises en question, et la définition des valeurs refuges et des actifs "risqués" est remise en cause. Aujourd'hui, l'attention se porte sur le pétrole et l'or ; demain, elle pourrait se porter sur... n'importe quoi.

5/ IMPASSE AU MEXIQUE

La situation est loin d'être stabilisée après l'assassinat du baron de la drogue mexicain "El Mencho" le week-end dernier, mais les traders auront autre chose à surveiller lundi, lorsqu'un projet de loi visant à réduire de 25% les dépenses liées aux processus électoraux sera présenté au Congrès.

Ces réformes réduiraient le financement des partis politiques, limiteraient le temps d'antenne quotidien à la télévision et à la radio, exigeraient l'étiquetage des contenus générés par l'IA, interdiraient les bots, supprimeraient la réélection consécutive à partir de 2030 et plafonneraient la rémunération des représentants élus et des responsables électoraux.

Les dirigeants des partis d'opposition avertissent que cela pourrait compromettre l'ensemble du système démocratique et que l'approbation ne sera pas facile. Le projet de loi devra être approuvé par les deux tiers de chaque chambre du Congrès, ce qui oblige le parti Morena de la présidente Claudia Sheinbaum à compter sur ses alliés du Parti travailliste et du Parti vert, qui ont tous deux des réserves.

Alors que le Mexique se prépare à des renégociations cruciales de l'USMCA et que les cartels de la drogue mécontents tentent désormais de déclencher une guerre, les enjeux sont de taille.

(Lewis Krauskopf et Suzanne McGee à New York, Rocky Swift à Tokyo, et Amanda Cooper et Marc Jones à Londres, infographie Kripa Jayaram et Ron Bousso, compilé par Samuel Indyk, Mara Vîlcu pour la version française, édité par Augustin Turpin)

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